Rhodiola rosea L. Crassulaceae

Noms vernaculaires :

  • En français : Orpin rose, racine d’or, racine arctique, ginseng de la toundra
  • En anglais : Golden root, rosenroot, arctic root
  • En allemand : Rosenwurz

Parties utilisées :

Racines et rhizomes

Description:

Plante très résistante, adaptée aux basses températures, elle pousse de 900 à 3000 mètres. Au fur et à mesure de sa croissance elle devient de plus en plus résistante face aux agressions de son environnement (climat, mauvaises herbes)

Originaire des régions circumpolaires de l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord, on en trouve à l’état sauvage en Sibérie, Scandinavie (Suède, Norvège, Finlande), en Alaska, au Groenland, plus proche de nous, dans les Pyrénées, dans les Alpes Suisse (Valais (Matmark, Binntal) les Grisons, le nord du Tessin)

La Rhodiola rosea est une plante vivace, dioïque haute de 15 à 20 cm qui se développe en touffe, sa tige est non ramifiée, épaisse, les feuilles de 1 à 4 cm sont alternes, charnues sessiles glabres, dentées (plus espacé sur la moitié supérieur) vert glauque.

L’inflorescence multiflore est un corymbe comportant des fleurs unisexuées :

  • Jaunes pour les mâles
  • Rouges pour les femelles

Formule florale 4P-4S-8E / 4P-4S-4C

Les fruits sont des follicules brun rougeâtres contenant chacun plusieurs graines de très petites tailles (4 à 5000 au gramme).

La souche souterraine est un rhizome avec des racines, il assure la pérennité de la plante et peu dans certaines conditions atteindre plusieurs kilos.

Usages traditionnels :

Histoire:

La plante et décrite par Dioscoride (philosophe, pharmacologue, médecin Grec) dans son Materia Medica, 77 aprè J-C sous le nom de Rodio rizaen en référence à son odeur de rose lorsqu’elle est coupée.

La Russie et les pays scandinaves l’utilisent depuis au moins trois mille ans pour affronter les rigueur du grand Nord, notamment pour renforcer l’endurance physique, accroitre la cognition et la longévité, elle est inscrite aux pharmacopées russe et scandinave depuis 1775. Les peuples Inuits la considèrent comme une panacée, un dicton proclamait que celui qui fait de la Rhodiole sa boisson quotidienne est assuré de passer le cap des cent ans.

En Mongolie, la Rhodiole était le remède de la grippe, la tuberculose et le cancer.

La réputation de la plante était telle que les empereurs Chinois envoyaient des expéditions en Sibérie, elle a intégré très tôt la pharmacopée de la médecine chinoise.

Elle fût largement utilisée par les athlètes et cosmonautes Russe à partir des années 1960 pour surmonter le stress et augmenter les performances physiques.

Usages reconnus

L’EMA (agence européenne des médicaments) reconnait l’usage traditionnel comme adaptogène pour soulager temporairement des symptômes de stress tels que fatigue, sensation de faiblesse. Selon l’agence son utilisation de longue date ainsi que les résultats d’essais cliniques confirme la plausibilité de l’usage de préparation à base de Rhodiola rosea dans l’indication proposée.[Réf2 Dr Eric Lorrain]

Rappel du concept adaptogène, il est décrit par le chercheur Russe Nicolaï lazarev en 1947, qui caractérise les plantes qui aident l’organisme à s’adapter au stress environnemental en augmentant sa résistance global de façon non spécifique et en normalisant les fonctions psychologiques afin de faciliter une réponse au stress sans toxicité.

Activité sur le système nerveux central

  • Améliorationdes capacités intellectuelles [Réf4 A.A. Spassov et al]
  • Propriétés anti oxydantes et neuroprotectrices (dans les modèles de pathologies dégénératives)[réf5 Kwan Joong Kim et al.]
  • Propriétés antidépressives
  • Propriétés antipsychotiques
  • Propriétés anxiolytiques [Réf2 Dr Eric Lorrain]

Amélioration des activités physiques

  • Adaptation à l’effort
  • Diminution de la fatigue physique

Propriétés endocriniennes

  • Action sur les fonctions sexuelles
  • Antidiabétique

Autres

  • Maladies chroniques [réf9 Jurga Bernatoniene et al]
  • Propriétés cardioprotectrices et vasculaires
  • Propriétés anticancéreuses et antimutagèniques
  • Propriétés hépato protectrices
  • Propriétés immunomodulatrices et anti-inflammatoires [Réf Dr Eric Lorrain]

Principales indications thérapeutiques

En relation avec ses propriétés adaptogène, notamment sur le SNC.

  • Trouble de l’adaptation au stress avec état anxio-dépressif, élévation de la pression artérielle. [réf6 Emilia Ivanova Stojcheva et José Carlos Quintela art 3.1.2 et art 3.3]
  • Neurasthénie, fatigue mentale et intellectuelle, difficulté d’apprentissage.
  • Trouble de l’humeur léger
  • Surmenage psychique, épuisement en cours, syndrome d’épuisement avéré (burn-out), dans le cadre de la maladie de Lyme
  • Maladies neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer, autres démences) en prévention ou au début de prise en charge.

En relation avec ses propriétés d’amélioration des capacités physiques [réf Grant M Tinsley et al]

  • Préparation à une épreuve physique/sportive. [réf6 Emilia Ivanova Stojcheva et José Carlos Quintela art 3.2]
  • Aide à la récupération et à la réparation suite à un effort physique
  • Asthénie physique

En relation avec ses propriétés anti-inflammatoire, immunomodulateur et cytoprotecteur

  • Accompagnement des thérapies anti-cancéreuses
  • Baisse des capacités immunitaire et anti-infectieuses (notamment dans le cas de syndrome d’épuisement)[réf6 Emilia Ivanova Stojcheva et José Carlos Quintela art 3.1.1]

Précautions

Utiliser avec prudence chez les sujets irritables ou agités. Emploi le matin et/ou à midi, l’utilisation en fin de journée pourrait perturber le sommeil.

Interactions médicamenteuses

En théorie elle peut accroitre l’effet des plantes et médicaments ayant un effet psychostimulant. Ses effets pourraient se surajouter à ceux des inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (les inhibiteurs bloquent l’effet de l’angiotensine et entrainent un relâchement des vaisseaux sanguins ce qui diminue la pression artérielle)

Interaction avec certaines molécules par compétition métabolique du cytochrome P450. [réf8 Ole Kristian Jeu et al.]

Composés chimiques

  • Phényléthanoïdes : responsable de l’odeur de rose, dérivés du tyrosol, salidrosides (rhodiolosides)
  • Phénylpropanoïdes : rosine, rosavine, rosarine (les 3 généralement regroupés sous le nom de rosavine), la triandine (très active sur la diminution de la fatigue)
  • Flavonoïdes : rhodioline, rhodiosine, rhodionine 
  • Monoterpènes : rosaridine, rosiridine
  • Tanins : acides galliques, proanthocyanidoles
  • Triterpène : B-sisterol
  • Acide phénolique : acide caféïque
  • Composés volatiles : environ 86 , HE 0,05% composé majoritaire le géraniol

Quelques études

  • In-vitro, un extrait alcoolique de R.rosea entraine une inhibition de 42% de l’acéthylcholinérase, cet effet serait lié à la présence de 2 glycosides de flavonoïdes. (l’acéthylcholinestérase est une enzyme qui décompose l’acétylcholine qui elle est nécessaire à l’activation et la contraction musculaire)
  • En 2018 une revue systémique et une méta-analyse ont confirmé que R.rosea peut améliorer les fonctions d’apprentissage et de mémoire via des mécanismes antioxydant, anti-inflammatoires, activité anti-apoptose, amélioration du flux sanguin coronaire et métabolisme cérébral.
  • Testé in vitro, le salidroside (composé actif) stimule la production d’enzymes anti oxydantes
  • In vitro les extraits de R.rosea inhibent la dégradation des neurotransmetteurs (sérotonine, noradrénaline). Cet effet est notamment lié à l’activité de la rosoridine un monoterpène.
  • Etude de 2023, la R.rosea et le salidroside induisent généralement une hormèse (réponse de stimulation biologique souvent bénéfique) avec un accent particulier sur la longévité et la neuroprotection.

Note

L’utilisation de Rhodiola rosea est bien souvent mise en avant avec des produits standardisés en « principes actifs » que sont salidrosides et rosavine, ils ont une importance notable et les nombreuses études le confirment, il ne faut toutefois pas négliger l’ensemble de la plante car on peut constater que d’autres molécules ont également leurs rôles, par exemple, les monoterpènes qui inhibe la dégradation de neurotransmetteurs ou les glycosides de flavonoïdes inhibe l’acéthylcholinérase, ou encore las triandine très active sur la diminution de la fatigue.